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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

L'usine de conserves de la rue des conserves

Publié le 5 Juin 2014 par Louisdelallier

Préparation de conserves, début XXe siècle

Préparation de conserves, début XXe siècle

Le Conseil municipal réuni le 31 mai 1892 prend la décision de créer une usine de conserves à Moulins avec le soutien de La Société d’agriculture de l’Allier.

Il faudra encore plusieurs années avant que les choses n’avancent vraiment. En effet, ce n’est que le 10 août 1896 que le comité d’hygiène émet un avis favorable à la construction de l’usine avec les réserves suivantes :

Le bassin de décantation débouchera directement sur le ruisseau de l’allée des Soupirs. On n’utilisera à l’usine que les matières traitées à l’abattoir municipal. Aucune usine annexe pour les sous-produits ne sera construite sur le terrain sauf toutefois pour ce qui concerne la boyauderie, le sang et généralement toutes les matières traitées à l’abattoir. Les eaux de l’usine seront désinfectées. La direction devra prendre toutes mesures nécessaires pour éviter les odeurs malsaines.

Une convention est enfin signée le 26 mars 1898. L’usine donne son nom à la rue où elle est installée qui devient la rue des conserves (actuelle rue Léopold-Maupas) entre l’allée des Soupirs et l’avenue du Général de Gaulle. L'entreprise a également un accès cours de Bercy.

En décembre 1898, il est annoncé que, pendant les mois de janvier, février et mars 1899, l’usine fabriquera 75 000 kilos de viande de conserve dont elle a été déclarée adjudicataire et sera en mesure de s'atteler aux conserves de légumes dès le printemps. Les jardiniers et les maraîchers trouveront un débouché à leurs cultures et devront s’engager par contrat à cultiver des étendues de terrain dont les récoltes seront vendues et livrées dans les conditions stipulées par le directeur de l’usine. Les semences employées pour ces cultures seront fournies, à ses frais, par la Société des conserves ou au moyen de bons chez les marchands grainiers de Moulins. Une série de conférences sera organisée pour une meilleure information du public. Des conserves de petits pois, haricots verts, flageolets, tomates etc sortiront de l’usine.

En mars 1900, l’activité est toujours grande à l’usine de conserves qui vient d’obtenir du ministère de la guerre une adjudication de 50 000 boîtes nouvelles. De plus, elle est en pourparlers dans le but de travailler pour le compte du gouvernement boer en Afrique du sud. Le jeudi 8 mars, les bouchers ont abattu et dépecé 20 bœufs et les ateliers ont produit 3 800 boîtes.

Une réclame parue dans le Courrier de l’Allier le 1er avril 1900 rappelle que la Société française de conserves, La Bourbonnaise, ne travaille pas que pour l’armée, mais aussi pour le commerce et qu’elle fabrique avec des matières premières de premier choix et avec les plus grands soins

des conserves de viande :

Pâtés bourbonnais truffés ou non/tripes à la mode de Caen/langues de bœuf/gâteaux de bœuf/filet de bœuf/consommé/volailles et gibier/graisse alimentaire/extrait de viande proche de celui inventé et commercialisé par le baron von Liebig en 1865.

des conserves de légumes :

asperges/petits pois verts ou naturels/haricots verts ou naturels/fonds d’artichauts/cèpes/épinards/oseille/petites carottes/tomates/macédoine etc.

On peut trouver ces produits chez tous les épiciers et marchands de comestibles à très bon marché.Un dépôt général de tous les produits de l’usine est ouvert le 1er juillet 1901 chez M. et Mme Brunat 12 rue Datas au coin de la place d’Allier, face au marché couvert. La vente au détail se fait à prix fixes.

Mais, en juin 1906, l’usine cesse de fonctionner.

Louis Delallier

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Jtte 30/06/2014 23:10

Commentaire : Bravo pour ces excellents articles. Est ce que la liste de tous ces produits alimentaires carnés n'a pas été trop difficile à établir ? hi hi hi.