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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Moulins : Université populaire programme 1903-1904

Publié le 13 Janvier 2015 par Louisdelallier

L’université populaire de Moulins propose des cours communs à tous les membres des amicales de la ville. Ceux-ci doivent se faire inscrire au siège de chaque amicale. Plusieurs écoles de la ville accueillent les enseignants et leurs « élèves ». Des jetons de présence sont remis après chaque cours. Le programme 1903-1904 est composé comme suit :

Ecole rue Achille-Roche
Tous les lundis à 20 heures 
Histoire de l’art : M. Sauroy
Dessin industriel : M. Roubert
Modelage et ornement : M. Raphaël
Ecole rue Louis-Blanc
Tous les mercredis à 20 heures
Télégraphe et téléphonie : M. Dallant
Solfège, chant et violon : MM Bardiaux et Gervois
Etude sur les contributions directes : M. Seix
Ecole rue du Jeu-de-Paume
Tous les vendredis à 20 heures
Mécanique appliquée : M. Dubreuil
Comptabilité commerciale : M. Lachéroy
Notions de législation usuelle : M. Coulhon aîné
Le jardin potager et fruitier : M. Gaget
Ecole de la Madeleine (rue de Bernage)
Tous les mardis à 20 heures
Solfège et violon : M. Loizel
Géométrie pratique, comptabilité et tenue des livres, dessin industriel : M. Moreau

En outre, l’université populaire offre à chacun la possibilité d’enrichir ses connaissances au cours de conférences suivies d’une partie récréative, tous les samedis à 20 heures, salle des assises du tribunal. Des places sont réservées aux membres honoraires et actifs ainsi qu’à leur famille. Les thèmes suivants sont traités :

- l’évolution de la société française au XIXe siècle par l’inspecteur d’académie

- la mutualité et ses avantages par M. Vizier, secrétaire de la société de secours mutuels

- l’alimentation et la digestion, la circulation et la respiration, notions d’hygiène par M. Comte, directeur de l’Ecole normale

- la jeunesse de Michelet par M Monnot, professeur au lycée Banville

- l’art au XVIIIe siècle par M. Sauroy, artiste-peintre

- l’instituteur au XXe siècle d’après un livre récent (la Vérité d’Emile Zola) par M. Boucher,

professeur au lycée Banville

- l’œil par M. Lougnon, docteur en médecine

- la politique extérieure du Second empire par M. Bousquet, professeur au lycée Banville

- à travers la Belgique par M. Pinguet, publiciste

- les auteurs gais par M. Gillet, publiciste

- les boissons fermentées, la bière par M. Hubert de la brasserie Schneider

- les habitations à bon marché par M. Auclair, architecte médaillé de l’école des Beaux-arts de

Paris

- excursion de la cave au grenier par M. Gaget, professeur à l’école d’agriculture de Gennetines

L’université populaire organise également des sorties, excursions, soirées, concerts, fêtes, tombolas tout au long de l’année.Parallèlement à ces actions, elle facilite le placement comme apprentis ou ouvriers des jeunes gens appartenant à la Fédération. Un carnet de renseignements est établi par les soins du secrétaire et communiqué aux commerçants et industriels de Moulins qui pourraient avoir besoin d’employés ou d’ouvriers.

Aujourd’hui, l’UPAM, Université populaire de l’agglomération moulinoise, a son siège rue de Bernage à la Madeleine dans l’ancienne école élémentaire après être restée longtemps dans l’hôtel d’Ansac rue Diderot.

Bref historique des universités populaires :

Un pasteur luthérien danois devenu évêque est à l’origine de l’université populaire au XIXe siècle. La France met en place dès 1848 une association philotechnique à Paris à l’initiative d’Eugène Lionnet, mathématicien. Elle aura parmi ses présidents le prince Jérôme-Napoléon en 1865 et Victor Hugo en 1880.

La première université populaire est créée en 1898 pour contrer l’antisémitisme grandissant avec l’affaire Dreyfus et, pour apporter aux adultes l’enseignement dont ils n’ont pas bénéficié enfants. Cette première structure « La coopération des idées » est l’œuvre de Georges Deherme, sculpteur sur bois et typographe associé à des ouvriers de Montreuil-sous-Bois et de Paris. En 1901, on trouve 124 universités populaires sur le territoire français. Leur financement provient des conseils municipaux et généraux. Mais, la cohabitation d’intellectuels et d’ouvriers aux niveaux d’instruction inégaux, aux idéaux contradictoires ajoutée à des problèmes politiques entraîne le déclin du mouvement. Avant la première guerre mondiale, il ne reste que 20 UP en France.

Entre les deux guerres, certaines réapparaissent plus marquées syndicalement. Un nouveau coup leur est porté avec la guerre de 39-45. Après-guerre, l’Alsace redonne du souffle aux UP avec la création en 1963 à Mulhouse de l’université populaire du Rhin. Elle conserve une importance de poids au sein de l’Association des universités populaires de France (AUPF) forte de sa soixantaine d’UP adhérentes. l’AUPF organise des colloques annuels internationaux.

Louis Delallier

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