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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Les O’Malley marchent aussi autour du monde

Publié le 14 Septembre 2015 par Louisdelallier

Source : Le sport universel illustré du 6 janvier 1900 -

Source : Le sport universel illustré du 6 janvier 1900 -

Mercredi 10 octobre 1900, Moulins est sur le trajet du couple O’Malley qui fait constater son passage au commissariat. Cela fait presque trois ans que les O’Malley marchent à travers le monde. Ils donnent une conférence à l’hôtel terminus à Moulins devant un auditoire d’environ 150 personnes avant de repartir le lendemain pour Varennes et Lapalisse.

George O’Malley, né à Montréal le 9 janvier 1873, est le fils d’un Irlandais et d’une Canadienne française. Il possède à Montréal une grande fabrique de fleurs artificielles qui emploie 1 200 ouvriers. Le 18 juillet 1896, il a été proclamé champion marcheur du monde après une marche organisée par le New-York Police Gazette. Il s’agissait de couvrir 2 000 milles anglais soit 3 218 km en mille heures consécutives avec une heure de repos toutes les 24 heures. George O’Malley, le gagnant des 80 000 francs et de la ceinture du championnat du monde perdit connaissance sur la ligne d’arrivée après un effort de 41 jours et 8 heures.

Parmi les 32 concurrents, se trouvait Jean-Louis Fontein, champion marcheur d’Australie. Celui-ci a lancé un défi à George O’Malley : couvrir sur terre 52 000 km en un maximum de 5 ans avec départ et arrivée à San Francisco. Il a ajouté les conditions suivantes : 2 costumes complets, 4 paires de chaussures, 4 boîtes de viande de conserve, 2 livres de biscuits de marin et pas un sou. Le gain de 375 000 francs sera fourni par le New-York Herald, le San-Francisco Examiner, le Club Laurier de Montréal et le Mirror of Life de Londres.

Pour signer le contrat qui l’engage à marcher du 20 octobre 1897 au 20 octobre 1902 à midi, George O’Malley se rend à New-York. À l’hôtel Métropole, il rencontre Hélène, née à Java de parents hollandais le 24 mai 1868. Les fiançailles ont lieu l’année suivante à Montréal et le mariage est célébré en cette même année 1897, le 19 octobre, c’est-à-dire la veille du départ pour l’aventure autour du monde pendant cinq ans. Le père de M. O’Malley assure l’intérim à la direction de l’usine de son fils. Il convient de noter que les O’Malley commencent leur périple par l’est et Fontein par l’ouest.

Au moment de leur passage à Moulins, les O’Malley ont déjà 36 000 km derrière eux et trois mois d’avance sur leur concurrent australien Fontein. Donner des conférences et vendre des cartes postales est leur gagne-pain. Juste avant Moulins, ils étaient à Bourges après Malesherbes, Pithiviers et Orléans et Nevers. Ils ont traversé la Californie, le Nevada, l’Utah, le Colorado, le Texas, l’Arizona, le Nouveau-Mexique, la Floride, le Canada (embarquement à Québec), l’Angleterre, l‘Écosse, l’Irlande, la Belgique, l’Autriche, la Bavière, le Wurtemberg, l’Alsace, la Lorraine et une partie de la France. Au programme, figurent au moins le reste de la France, la Suisse, l’Italie, la France (retour), l’Espagne, l’Afrique, l’Égypte, la Turquie, l’Arabie, la Perse, les Indes anglaises, la Chine, le Japon, l’Australie avant de retourner en Californie.

Parmi les nombreuses mésaventures vécues, ils racontent que M. O’Malley a été lardé de coups de couteau par les Sioux, qu’entre Manitoba et Winnipeg, il a eu deux jambes et le bras droit gelés. Il a pu guérir grâce à un remède indien. Le couple a été emprisonné comme espion en Floride. A sa sortie de prison la foule lui fait une ovation et les a revêtus de drapeaux américains. En Allemagne, on a voulu retirer à George son brassard aux couleurs de la France qui étaient également (à cette époque) celles du Canada. Il a refusé avec succès. Ils ont rencontré le président des Etats-Unis McKinley, l’empereur Guillaume II. Madame O’Malley a reçu sept coups de couteaux des Indiens. Il lui en reste une cicatrice au bas du visage. Monsieur reconnaît qu’il serait mort ou aurait abandonné sans sa femme. Tous les deux sont capables de s’exprimer en français, hollandais et allemand en plus de l’anglais et arrivent à se faire comprendre en italien, espagnol et hongrois. Leur livre-journal les suit partout.

Lorsqu’ils arrivent quelque part, ils plantent leur tente sur une place et ne séjournent qu’un jour ou deux. A Moulins, ils ont choisi la place aux Foires (place Jean-Moulin)

En mars 1903, ils sont à Naples, de retour de Palestine toujours à pied. Ils ont l’intention de finir leur tournée à bicyclette ! En février 1904, on les attend au Canada après 41 000 km. Les informations manquent pour comprendre pourquoi la date limite du voyage a été dépassée.

Louis Delallier

Voir mon article sur Philogène-Lucien Viardin, marcheur aventurier dans les mêmes années.

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