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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Un mât de cocagne mobile

Publié le 10 Octobre 2015 par Louisdelallier

Un mât de cocagne mobile

La place aux foires est en fête en cette fin juillet 1910. Un superbe mât de cocagne, dressé bien en vue dans l’un des coins de la place, est la principale attraction. Grimper à son sommet pour gagner les victuailles qui y sont accrochées requiert de l’agilité, de la force et de la ténacité. En effet, on n’a pas ménagé le savon gras pour enduire le tronc et le rendre très glissant. Pour ne rien perdre du spectacle qui s’annonce amusant, les curieux s’attablent volontiers chez l’aubergiste voisin qui fait des affaires. Mais, il n’est pas le seul à tenir boutique sur cette place. Les autres se sentent inévitablement lésés.

Et c’est comme ça que pendant la nuit du samedi au dimanche, quelques hommes, munis de pelles, pioches et de parapluies, car il tombe des cordes, se mettent en devoir d’arracher le mât et de le faire disparaître.

Le dimanche matin, l’aubergiste, découvrant l’absence de sa garantie de faire de bonnes ventes dans la journée, se met très en colère et court chercher la police sûr de son bon droit. Mais, à son retour, accompagné de la maréchaussée, il voit le mât étendu sur le sol. Il ne lui reste plus qu’à le redresser ce qui lui prend la matinée. Sa colère n’est pas retombée et il menace de demander des dommages et intérêts.

L’explication de ce méfait est donnée par Monsieur Vimon, commerçant et vice-président du comité des fêtes, dans une lettre qu’il adresse à la presse. C’est le comité lui-même qui a décidé, à la majorité, de déplacer le mât pour l’installer à l’endroit où se trouvent le plus grand nombre de commerçants ayant contribué financièrement à la réalisation de la fête. On comprend aisément que ce n’était pas le cas de notre cabaretier fâché. La pluie a malheureusement contrecarré la volonté de justice du comité qui n'a pu accomplir que la moitié de son projet.

Louis Delallier

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