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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Brossard, le vagabond honnête et philosophe

Publié le 28 Juillet 2016 par Louisdelallier

Le 15 janvier 1897, Brossard a été condamné à trois mois d’emprisonnement à la Mal-Coiffée par le tribunal correctionnel de Moulins pour vagabondage. Le président du tribunal l’a qualifié de philosophe en l’entendant demander qu’on écrive « entrée libre » sur toutes les prisons de France. En avril, à sa sortie de prison, le personnage sort encore du commun. Aussitôt dehors, il cherche un journaliste à qui il a une requête bien précise à faire.

« Je désirerais un numéro de votre babillard, car, voyez-vous, j’ai pour habitude, quand je sors de l’ours, d’acheter les journaux qui se sont occupés de ma fiole. Ça vous étonne, mais c’est comme ça. J’ai quelques patrons qui me connaissent et qui savent que si je suis un vagabond, je ne suis point un voleur. Ils savent mon roman comme moi et la plus petite coupure de journal où l’on parle de moi me sert à obtenir d’eux quelques travaux de jardinage qui me font vivre pendant la belle saison. Vous n’obligerez pas un ingrat, un brigand, allez ! Car si on m’a passé le chapelet aux mains, ça n’a jamais été pour des vols. On me connaît bien, d’ailleurs, à la cassine (prison) ; le double (gardien-chef) sait bien que je ne me trotterai point et il m’accorde certaines petites faveurs dont je lui sais infiniment gré ».

Brossard reçoit son journal et remercie en ces termes : Jean Richepin dira pour vous une prière. Est-ce une allusion à la Chanson des gueux, recueil de textes publié par le poète en 1881 et qui lui valut un procès pour outrage aux bonnes mœurs et en même temps la célébrité ?

Louis Delallier

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