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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

De la radioactivité à tous les rayons entre les deux guerres

Publié le 19 Juillet 2017 par Louisdelallier

1931

1931

Le 18 mars 1921, l‘office agricole départemental de l’Allier fait paraître cette curieuse annonce :

« L’office agricole dispose de 50 kilos de substances radio-actives qu’il tient à la disposition des personnes qui voudront en essayer. Ces matières ne remplacent pas les engrais. Elles passent pour avoir la propriété de favoriser l’énergie d’assimilation des plantes. Il convient donc de les employer avec des fumures complètes et abondantes et pour se rendre compte des résultats de laisser une parcelle témoins. »

 

Depuis sa découverte en 1896 par Henri Becquerel, la radioactivité est parée de toutes les vertus. Et à sa suite, le radium, découvert par Pierre et Marie Curie en 1898, est prescrit pour soigner l'arthrite, la goutte, l'hypertension, la sciatique, le lumbago et le diabète. On croit la radioactivité capable de protéger le vignoble contre les maladies, de favoriser la germination des plantes, de stimuler les cellules de l’organisme etc. Il existe des dentifrices radioactifs, des savons, de la laine (idéale pour tricoter la layette des bébés), des appâts pour la pêche, du chocolat, des suppositoires, des torchons, du coton à repriser... Des appareils de beauté tout aussi radioactifs préviennent ou combattent les rides, les pattes d’oie, les taches et les rougeurs du visage pour être belle éternellement et toujours jeune, car ils ne s’adressent qu’aux femmes.

 

En 1920, Gabriel Petit, professeur à l’Ecole d’Alfort, membre de l’Académie de Médecine, pose cette question dans le périodique La Nature :

« L’Agriculture, dans l’état actuel de nos connaissances, est-elle susceptible de bénéficier plus ou moins largement de la Radioactivité ? » Il expose l’intérêt de l’Académie des Sciences qui a subventionné plusieurs études sur l’influence de la radioactivité dans le développement des plantes. Il conclut qu’avec « un emploi scientifiquement rationnel » et « un contrôle des doses poussé à l’extrême » l’utilisation de la radioactivité ne peut qu’être bénéfique.

Le ministère de l’agriculture et le service de la répression des fraudes tiennent à mesurer les dosages scientifiquement. Pour cela, ils font appel au laboratoire français de l’Institut du Radium. La tâche revient à Irène Curie, encore jeune chercheuse, qui met au point un électroscope dont l’utilisation sera simple et rapide.

 

En octobre 1929, dans les pages d’un numéro de Rustica, on peut encore lire ceci :

« Plus récemment encore on a parlé d’engrais radioactifs fournis par des substances telles que l’uradium, le radium, l’actinium, et personne n’est sans avoir entendu parler des expériences du courant électrique sur la végétation des plantes ; nous ne devons évidemment pas nous emballer sur la question qui n’est encore qu’embryonnaire ».

 

Effectivement, il ne fallait pas s’emballer.

 

Louis Delallier

 

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