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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Le lutteur Paul Pons électrise la salle Faure à Moulins en juin 1912

Publié le 6 Octobre 2017 par Louisdelallier

La Vie au grand air  du 13 décembre 1902

La Vie au grand air du 13 décembre 1902

Dans la salle Faure, rue de Villars à Moulins, les muscles et la force sont en démonstration en ce lundi 3 juin 1912. Parmi les athlètes présents, c’est Paul Pons qui attire tous les regards. On le sait premier champion du monde de lutte en 1898 lors du tournoi organisé par le Journal des sports et détenteur de la Ceinture d’or obtenue en 1902 contre Raoul le Boucher.

Les combats de lutte voient s’affronter d’autres grands noms de l’époque comme les Français Raoul de Rouen (coupe d’or de Saint-Pétersbourg en 1912), Limousin, Raoul d’Agen, Émile Verlet, champion du monde poids moyen, Gaillard le Moulinois (annoncé mais absent), le Cosaque Iwan Glugoff, l’Italien Giovani Polni, les Allemands Altman et Schachman dit l’étrangleur, le Néerlandais Van Coemen, le Basque Costala, le Belge Salvator Polak (18 ans, le plus jeune), le Japonais Iwagatani.

Pour un prix 3 francs, 2 francs ou 1 franc, les spectateurs peuvent aussi assister à des rencontres entre boxeurs dont Mac Jim, Américain de Californie (73 kg) et Renaux, Anglais, champion des arènes de boxe (72 kg).

Une deuxième soirée est décidée au pied levé pour le public qui n’avait pas trouvé de place la veille.

Paul Pons, surnommé Le Colosse, est né à Sorgues dans le Vaucluse le 9 février 1864 (son vrai nom est Hyacinthe Pont). Il exerce la profession de forgeron-mécanicien et commence à lutter en 1888. Pietro Dalmasso, un des meilleurs lutteurs au monde, comprend vite qu’il a affaire à un phénomène de la lutte. Il lui propose de venir s’entraîner à Bordeaux. Au début de l’année 1889, Pons s’installe à Paris. En 1891, c’est le début de la gloire après sa victoire sur l’Anglais Tom Cannon au Casino de Paris. Trois années durant, aucun adversaire ne peut l’égaler et aucun n’ose venir vérifier « en vrai ».  En 1898, il participe au premier championnat du monde dont il sort vainqueur après le retrait du Polonais Ladislaus Pytlasinski.

Ce nouveau titre prestigieux lui donne les moyens d’ouvrir un gymnase, Le Sonnois, au 5 de l’avenue des Tilleuls à Montmartre. Constant le Marin, lutteur belge, est l’un de ses élèves. S’entraîner et enseigner ne lui suffisant pas, il décide, en octobre 1902, de défier tout lutteur français qui souhaite se mesurer à lui. La firme Dubonnet (l’apéritif bien connu alors) saisit l’occasion et dote l’épreuve d’un trophée « la ceinture d’or* », seul prix qui sera remis en jeu chaque année. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, elle est en argent. Elle pèse plus de deux kilos et représente Hercule et deux de ses travaux. Le premier challenge se déroule aux Folies-Bergères au mois de décembre 1902. Il attire des concurrents redoutables.

France : Paul Pons (1m 95 - 118 kg) - Raoul Le Boucher (1m 80 - 129 kg) - Léon Dumont (1m 76 - 103) kg - Louis Walford (1m 77 - 98 kg) - Laurent Le Beaucairois (1m 74 - 122 kg) - Calver (1m 85 - 110 kg) - Limousin (1m 75 - 95 kg) - Peyrouse (1m 92 - 118 kg)

Allemagne : Heinrich Weber (1m 82 - 90 kg) - Eigemann (1m 78 - 112 kg) - Ritzner (1m 90 - 111 kg) - Carl Ricgusok (1m 74 - 101 kg)

Angleterre : Williams Jungers (1m 74 - 105 kg) - John Bartet (1m 76 - 91 kg)

Italie : Giovanni Polin (1m 79 - 93 kg) - Bartellotti (1m 74 - 92 kg)

Belgique : Van Dem (1m 76 - 90 kg) - Omer de Bouillon (1m 72 - 98 kg)

Autriche : Simon Antonitch (2m 20 - 130 kg)

Suisse : Maurice Deriaz (1m 72 - 90 kg)

Pays-Bas : Van Ber (1m 72 - 91 kg).

Paul Pons devance Laurent Le Beaucairois, Raoul Le Boucher, Antonitch, Dumont et Omer de Bouillon. Il décroche encore le trophée en 1903 et 1904. Son palmarès compte, entre autres, une 3ème  place au championnat du monde à Vienne en 1901, une première place au championnat du Monde de 1907 à Paris, une 2ème en 1908.

Fort de ces succès, il publie, en 1912, Manuel complet. Souvenirs d’un lutteur (370 pages, 48 photos et 55 croquis) dans lequel était inséré le Carnet du docteur O’Followell - éditions Lafitte.

Son physique hors norme entretenu par une pratique de très haut niveau ne l’empêche pas de mourir noyé dans la Garonne à Agen, le 13 avril 1915 au cours d’une partie de pêche.

 

Louis Delallier

 

* retrouvée récemment et vendue aux enchères en novembre 2016.

 

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cornieux Alexandre 06/10/2017 19:09

Encore une belle histoire sur ce lutteur de passage à Moulins. La lutte passionnait le public français et ce jusque dans les années 60.