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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

A Moulins, en novembre 1930, le grand Carrington subjugue le public

Publié le 23 Septembre 2018 par Louisdelallier in Spectacles

Voulez-vous vous initier aux découvertes dans le domaine des sciences occultes ? Voulez-vous contempler la gitane Juanita, extraordinaire énigme psychique ? Voulez-vous admirer les exercices fantastiques et stupéfiants de l’insaisissable Jenny Johnston que la presse américaine a surnommé la femme fantôme ? Voulez-vous connaître le véritable travail du professeur Carrington ? Voulez-vous voir la salle du Palace cinéma transformée en véritable temple oriental ?

Voilà les phrases mystérieuses que les passants peuvent lire courant novembre 1930 sur les panneaux d’affichage moulinois. Trois heures de spectacle stupéfiant et unique au monde, deux tonnes de matériel, des animaux vivants de toutes sortes, musique nouvelle et merveilleuse du compositeur Michel Destailleurs, c’est ce que promet l’annonce. Le professeur Carrington, l’homme à l’étrange pouvoir, est donc dans nos murs les 24, 25 et 26 novembre.

Et son arrivée dans un camion imposant d’où un haut-parleur rameute les spectateurs ne passe pas non plus inaperçue. Le déchargement des malles, des costumes exotiques, des boîtes magiques, etc., concourt au mystère entourant le magicien. En matière de publicité, le grand Carrington est passé maître !

Son spectacle comporte trois parties. Pendant la première dans un décor oriental, Carrington est vêtu en fakir pour des numéros de prestidigitation où les animaux sont nombreux. En deuxième partie, devant des rideaux de velours, Carrington se livre à des expériences de transmission de pensée, de mnémotechnie et de tir à la carabine. Puis le décor devient chinois pour de la lévitation, de la mise en catalepsie sur sabres, pour les évolutions d’une boule volante et la démonstration d’une cabine à effets spéciaux.

A la fois prestidigitateur et hypnotiseur, Joseph Buhot (Quatremare 1895-1971) commence sa vie professionnelle comme préparateur en pharmacie à Elbeuf. Passionné par le monde de l’illusion depuis son enfance, il s’instruit lui-même par la lecture de livres. Son service au front pendant la Grande guerre comme brancardier sera récompensé par des médailles, reconnaissance de son courage. Démobilisé, il retourne à la pharmacie Louvel tout en pratiquant sa passion le soir. Après son premier spectacle en avril 1923 à la Haye-Malherbe près de chez lui, il se produit de plus en plus souvent les dimanches, puis franchit le pas en se consacrant exclusivement à son métier de saltimbanque. C’est à ce moment-là qu’il choisit de se faire appeler Carrington, le grand Carrington, ou mieux encore the great Carrington. Malgré le succès de ses tournées qui l’emmènent jusqu’en Afrique du Nord, il n’oublie pas ses racines et crée à Louviers, en 1933, le challenge d’athlétisme Carrington (Joseph Buhot pratiquait la boxe et la course à pied). Manita (1925-2016), sa dernière épouse, douée de voyance, sera sa partenaire jusqu’au bout. Leur fils James fonde le cirque Carrington en 1970. Tous les deux ont continué l’œuvre de Joseph. Le 80ème challenge Carrington s’est déroulé en 2017.

 

Louis Delallier

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thierry 26/09/2018 08:06

Bonjour
J'avais rencontre James Carrigton entre 82 et 86 à Moulins lorsqu'il était venu avec ses 2 cirques. Il avait loué le nom Rancy et Jean Richard, à 2 années d'intervalle. les cirques s'appellaient RANCY / Carrington, puis JEAN RICHARD / Carrington. J'avais filmer en super 8 et ils étaient installer place Jean Moulin

Louis Delallier 26/09/2018 08:18

Bonjour,
J'avais lu que la famille Carrington avait des liens avec la famille Rancy. Vous en avez donc la trace moulinoise. Merci beaucoup pour votre témoignage.
L. Delallier