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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Bourbonnais contre Auvergnat

Publié le 18 Novembre 2018 par Louisdelallier in Faits divers

Bourbonnais contre Auvergnat

En ce lundi 20 septembre 1909,  chacun vaque à ses occupations à la gare de Moulins. C’est le train-train quotidien que rien ne semble devoir perturber jusqu’aux environs de 21h 30. Un train de marchandises vient tout juste d’arriver de Paray-le-Monial.

Pierre Gravière, 34 ans, manœuvre, exécute ses tâches sous la surveillance d’un sous-chef d’équipe. Sans raison apparente, le ton monte entre eux et Pierre Gravière traite son collègue, et néanmoins supérieur, d’Auvergnat. L’Auvergnat se contente de rétorquer que les Auvergnats valent les Bourbonnais. Et à part quelques grossièretés pour pimenter leurs propos, les deux hommes s’en tiennent là. Mais, un troisième larron, employé à la statistique, prend fait et cause pour l’Auvergnat, ce qui a pour effet une nouvelle série de mots insultants.

Là-dessus, Pierre Gravière, à peine remis au travail, reçoit un violent coup de poing à la nuque qui l’envoie contre l’un des wagons du train qui repartait. Fortement déstabilisé, il n’évite de tomber sous les roues qu’au prix d’un effort exceptionnel. Monsieur Volle, chef de dépôt, et le Docteur Ranglaret sont prévenus aussitôt.

Bien que profondément blessé à la tête, l’oreille gauche en partie décollée et l’épaule gauche démise, Gravière reconnaît son agresseur comme étant Pierre D., l’employé à la statistique. Celui-ci n'admet les faits qu'après de longues hésitations. Il n’explique pas pourquoi il est intervenu aussi violemment alors que tout était rentré dans l’ordre. Originaire de Gilly-sur-Loire, peut-être s’est-il senti insulté lui aussi, car Gilly n’est pas dans l’Allier. Il en est à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau… Par conséquent, Pierre D. n’est pas bourbonnais.

Plus tard, le brigadier de police Tint, va entendre Pierre Gravière sur son lit d’hôpital qui, bien qu’encore très affaibli, lui relate fidèlement les évènements de la veille. Le responsable de l’agression sera laissé en liberté provisoire dans l’attente de sa comparution devant le tribunal. L’agressé se remettra petit à petit. L’histoire ne dit pas s’ils parviendront à se recroiser en toute sérénité.

Louis Delallier

 

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