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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Deux minutes de silence et 22 coups de canon pour nos combattants

Publié le 11 Novembre 2019 par Louisdelallier in Guerre 14-18

Monument aux morts du jardin de la gare (inauguré en mars 1925)

Monument aux morts du jardin de la gare (inauguré en mars 1925)

Il pleut pour cette nouvelle commémoration de la victoire de 1918*. Le cauchemar a beau être terminé depuis 4 ans, la population n’en a pas fini avec les séquelles de la guerre. Ce jour d’armistice qu’on fête réunit principalement les corps préfectoral, municipal, religieux et associatif.    

En ce samedi 11 novembre 1922, dès 9 heures, monseigneur Penon, évêque de Moulins, donne l’absoute à la fin de la messe célébrée par le chanoine Joyon. Encore aujourd’hui, 101 ans après, l’évêque de Moulins a rendu hommage aux poilus à la cathédrale.

Un peu avant 11 heures, heure de la fin des hostilités, le son des cloches de la cathédrale se répand partout en ville. A son arrêt, le coup de canon tiré par le 36e d’artillerie signale le début des deux minutes de silence qui devraient être respectées par tous. Cela ne semble pas vraiment être le cas et même l’artilleur chargé du canon n’attend qu’une minute avant de faire retentir les 21 coups suivants…

En début d’après-midi au kiosque du cours de la préfecture, Robert Perrault, président de l’A.G.M.G. (Association générale des mutilés de guerre), lit le communiqué triomphant du 11 novembre 1918 :

« Au 52e mois d’une guerre sans précédent dans l’histoire, l’armée française, avec l’aide de ses alliés, a consommé la défaite de l’ennemi. […]

[…] Toutes les conditions exigées pour la suspension des hostilités ayant été acceptées par l’ennemi, l’armistice est entré en vigueur aujourd’hui, à 11 heures. »

Puis un cortège se met en marche vers le cimetière rue de Paris avec à sa tête le préfet Moisson et M. Buvat, maire de Moulins. Suivent messieurs Carrère, secrétaire général de la préfecture, Marquais, vice-président du conseil de préfecture, Loizel et Prudhomme, adjoints, d’autres conseillers municipaux, messieurs Lougnon, juge au tribunal civil, le colonel d’Alès, commandant d’armes avec de nombreux officiers, de Carmantrand de la Roussille, conservateur des eaux et forêts, Gillet, chef d’escadron, commandant la gendarmerie de l’Allier, le capitaine Joly, commandant l’arrondissement, le capitaine Durieux, commandant de l’E.P.G., etc.

Les sociétés locales défilent entre deux haies de sapeur-pompiers : la Lyre moulinoise, les chœurs des écoles normales, l’association des mutilés, veuves et ascendants, les anciens combattants de 1870, les vétérans des armées de terre et de mer, la fédération des sociétés d’anciens militaires, la société de tir et de préparation militaire, la Bourbonnaise, l’Etoile moulinoise, la Chorale, le F.C.M., le Vélo-club, les anciens élèves de la rue Louis-Blanc, les Prévoyants de l’Avenir, les sociétés de secours mutuel (ouvriers et ouvrières), l’Echo moulinois, le Rallye bourbonnais, les Chevaliers de la gaule, les écoles de la ville et une délégation du lycée de garçons.

Devant la plaque commémorative au cimetière, pas de discours, seulement les chœurs dont les voix apportent émotion et fierté au recueillement. Comme le veut la tradition, des gerbes sont déposées. Monseigneur Penon et les membres de son grand séminaire, font leur entrée une heure après pour un De Profundis fervent. Enfin, tous se gagnent la cathédrale pour un salut solennel en l’honneur des morts.

 

Louis Delallier

*Autres articles sur ce sujet : 11 novembre 1918, 1938, 1948 et monument aux morts

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