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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Moulins brûle (1/2)

Publié le 30 Mai 2020 par Louisdelallier in Incendies

Ancien hôtel Capelin rue de Bourgogne (photo Louis Delallier)

Ancien hôtel Capelin rue de Bourgogne (photo Louis Delallier)

Division de Moulins pour la lutte contre les incendies (Progrès de l'Allier)

Division de Moulins pour la lutte contre les incendies (Progrès de l'Allier)

1941, en moins de trois mois, Moulins occupé, connaît quatre incendies spectaculaires qui mobilisent les pompiers moulinois et les soldats allemands.

Vers 17 h, le jeudi 6 février, la sirène retentit dans toute la ville. Un incendie de grande ampleur est signalé au 81 rue de Bourgogne (actuel hôtel-restaurant Le Clos de Bourgogne) chez Edgar Capelin, notable moulinois, président de la société d’émulation du Bourbonnais. La toiture est en flammes. Très vite, les curieux accourent en nombre.

Une première pompe est mise en fonctionnement au coin de la rue du Cerf-Volant et de la rue des Tanneries, une deuxième dans la rue de Bourgogne et deux motopompes sont placées dans le jardin de la propriété pour puiser l’eau du ruisseau qui le traverse.

Monsieur Capelin étant en villégiature au château de Briffaut à Cercy-la-Tour à 42 km de Moulins, c’est sa fille, madame Gour qui prend les choses en main. Un voisin de la rue du 14-Juillet dont elle fut l’infirmière des enfants participe au sauvetage des collections de tableaux, des tapisseries et autres objets de valeur, des meubles, des livres, du linge. 

Il faut une heure aux pompiers, aux gendarmes et à un détachement allemand pour venir à bout du sinistre. Le pavillon de la concierge, madame Feurtey, âgée de 83 ans, le plus proche, a été épargné. Sont remerciés pour leur efficacité, le lieutenant Bouterige à la tête des sapeurs-pompiers, le capitaine Gladieux, commandant la gendarmerie, l’adjudant de gendarmerie Léger, le gendarme chef Thomas et le brigadier-chef de police Gilbert Descharnes. On remarque tout particulièrement le courage des trois pompiers Marcel Robert, Robert Chanudet et Morgand, sergent ainsi que celui de trois pompiers bénévoles venus d’Yzeure.

Sur place, les autorités sont nombreuses : René Boudet, maire, le commissaire de police André Perrad, monsieur Lallemand, commissaire spécial de la préfecture, le juge d’instruction Chabrol, messieurs Clermont et Fayard du conseil municipal, monsieur Roche chef de cabinet du préfet Lucien Porte.

L’origine de l’incendie est établie sans difficulté. Le feu a pris dans les combles de l’aile gauche où des ouvriers installaient le chauffage central. Une pièce remplie de papiers a contribué à la bonne prise du feu qui s’est étendu à l’ensemble du grenier. Les mansardes de l’aile gauche et de la partie centrale et le premier étage ont été très endommagés par les  flammes et l’eau. Monsieur Capelin n’arrive que le lendemain.

 

Le 15 février, un samedi, l’alerte est donnée vers 1h 50. Quatre coups retentissent signifiant que le quatrième secteur de la ville est concerné. Le grenier des écuries de course de la famille Col à l’arrière du château de Fromenteau, à la sortie sud de la ville, sont la proie des flammes. Les tuiles s’écrasent au sol tandis qu’un vent violent attise le feu. Fort heureusement, les écuries ont été vidées de leurs chevaux. Les pompiers de Moulins dirigés par le capitaine Forestier, secondé par le lieutenant Bouterige et ceux d’Yzeure menés par le lieutenant Labussière, les gendarmeries française, dont l’adjudant Léger, le maréchal des logis chef Goury, le gendarme Bondoux, et allemande activent deux motopompes qui utilisent l’eau d’une mare et du ruisseau situés dans la propriété. Une heure d’efforts est nécessaire pour stopper le feu qui a ravagé la toiture et le premier étage du bâtiment de 40 mètres sur 15.

Les dégâts sont estimés à 500 000 francs couverts par une assurance. Monsieur Col, absent, a été prévenu par téléphone. Madame Col et monsieur Laurent, directeur des établissements Col le représentaient. A leurs côtés, se trouvaient Georges Augrandenis sous-brigadier de la police municipale de Moulins, un agent de police auxiliaire, monsieur Larmé directeur des tanneries d’Yzeure, le docteur Pénard et monsieur Besson, chef de bataillon en retraite résidant au château de Vermillière.

 

Louis Delallier

 

 

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