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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Étrennes 1900/1901 dans les magasins moulinois

Publié le 27 Décembre 2020 par Louisdelallier

Le Courrier de l'Allier - décembre 1900

Le Courrier de l'Allier - décembre 1900

En cette toute fin de XIXe siècle, le Père Noël n’a pas encore détrôné le Père Janvier, vieillard à la barbe neigeuse portant des jouets, qui fait sa tournée  le 1er janvier. Et comme les enfants ne sont pas les seuls à recevoir des étrennes, les commerçants attendent ces fêtes de fin d’année avec espoir pour se relever après une année de mauvaises affaires. Au cours des derniers jours de décembre, leurs réclames dans la presse rivalisent de superlatifs pour attirer le chaland.

 

La maison J. Chambalous, 31 rue Régemortes, garantit une fabrication soignée, une qualité et une fraîcheur irréprochables de ses chocolats à la crème aux parfums variés, chocolats pralinés, fondants simples et fourrés, pâtes d’amande, pralines à la vanille grillées, pralines fondantes, fruits et marrons glacés, papillotes, nougats de Montélimar en bâtons trempés (noix, café, amandes, chocolat). Les présentations sont réalisées dans des cartonnages et vanneries de fantaisie. Pour 5 francs dépensés, un cadeau est ajouté.

Antoine Lebrun est installé tout près au n° 46 et propose un choix considérable de fondants surfins et fins, fondants fourrés, pâtes d’amande, fruits glacés, marrons glacés, pralines, papillotes, chocolat crème et praliné, etc. pouvant être emballés dans des cartonnages riches, de la porcelaine, de la vannerie ou des sachets en satin avec faveurs pour parfaire le tout. Liqueurs surfines, fines et ordinaires, eaux-de-vie, rhums, kirschs et vins de Champagne sont également bien en évidence  sur les rayonnages. Pour tout achat d’un franc de bonbons ou d’articles de fantaisie, un cadeau numéroté donne droit au tirage pour gagner une merveilleuse poupée articulée de 80 cm, richement costumée.

L’épicerie parisienne Madoré et Dumons, 49 place d’Allier et 1 rue Paul Bert recommande aux lecteurs de ne rien acheter sans s’être assuré des avantages à s’approvisionner chez elle qui commercialise des liqueurs et spiritueux de premières marques, des vins fins de Bordeaux, Bourgogne et Champagne, des foies gras de Strasbourg, des huîtres de diverses provenances et des confiseries de 1er choix. Qu’on se le dise !

 

Une publicité pour le chirurgien-dentiste Guérin-Languille, Cours Choisy et rue Denain, s’est glissée (malicieusement ?) parmi ces alléchantes propositions sucrées.

 

L’Etoile du Nord, épicerie place Cortet, donne à tout acheteur un billet de tombola avec un superbe "bébé" en guise de gros lot.

Au Sans Rival, place de la Liberté, des huîtres d’Arcachon, de Marennes, d’Ostende, de Cancale, du poisson à l’assortiment sans égal, du gibier de tous pays, du gruyère de Comté, gruyère de Suisse, du Cantal, du raisin de Malaga, des pruneaux d’ente, de la morue d’Islande, des pâtes, des bougies, du café, etc., sont autant de produits « sans rivaux » à se procurer sans hésiter. 

François Léveillé fils aîné, 22 place d’Allier en face du marché couvert, est dépositaire du chocolat de Royat à la crème et praliné, surfin, en tablettes, croquettes et pastilles, en vrac, en langues de chat, en boîtes de 40 tablettes pour déjeuner de pensionnaires.

Chêne, charcutier, 41 place d’Allier, annonce un choix tout aussi considérable de truffes de provenance exclusive du Périgord (arrivage trois fois par semaine) et foies gras fins de Strasbourg (frais les mardis et vendredis). Les commandes d’aspics de volailles ou de foie gras, galantines de volailles, faisans, perdreaux, gibier de toutes sortes en terrine, sont honorées à des prix défiant toute concurrence dans le respect de la qualité et du soin. Les jambons d’York et de Hambourg proviennent directement du lieu de production.

Delaume et Besson, 57 rue d’Allier, affirment qu’ils sont les seuls à vendre des étrennes véritablement utiles : ravissantes nouveautés de mouchoirs, pochettes, services de table, de délicieuses fantaisies et napperons, chemins de table, dessous de plateaux, magnifiques pièces de lingerie du meilleur goût, et qu’ils sont le seul dépôt pour la région des lainages du docteur Rasurel (voir mon article sur ce magasin).

Au sans pareil, 9, 11 et 13 rue de la Flèche, les étrennes sont utiles naturellement : fourrures, bonneterie, lingerie, mouchoirs, sachets, chapellerie, chemises, cravates, foulards, poupées.

Au Gaspillage, 3, 5, 7 rue des Couteliers, ce sont collets, pèlerines, fichus, capulets, trousseaux, layette, bonneterie, chemises, flanelles, cravates, foulards, poupées, bébés articulés dormeurs et parlants qui feront le bonheur de l’acheteur autant que du vendeur.

Aux 100 000 paletots, 33 rue d’Allier, un joli souvenir est remis aux clients comme aux clientes.

A la Belle jardinière chez Octave Dumas, rue Régemortes, les complets, pardessus, pèlerines, gilets, caleçons, chaussures, chapeaux, chemiserie, couvertures de voyage, articles de travail sont prêts.

Madame Sivade, 7 rue François-Péron, fait dans le commerce des parapluies, ombrelles, cannes, toiles cirées, malles, valises, trousses de toilette, assortiment de tissus pour recouvrage, montages de bijouterie et manches riches pour parapluies et ombrelles, tout ceci constituant des étrennes idéales.

 

Et encore,

A la Ville de Lyon, maison Vernois, 24 rue d’Allier, coupons pour robes d’étrennes, grande baisse des prix sur la confection pour dames,

Chatron-Dailhoux (angle des rues d’Allier, Voltaire et de l‘Epargne), grand choix d’articles pour étrennes, ouvrages, layette, objets de fantaisie, haute nouveauté,

les horlogers-bijoutiers Louis Gary, 18 rue des Couteliers et place Cortet, (grande variété de bijoux et d’objets en tout genre pour étrennes) et Charles Macquaire, 32 rue d’Allier (magnifique prime offerte),

la bijouterie Dubost-Desmaroux, 2 rue d’Allier (15% de rabais et un superbe cadeau à tout acheteur),

la sellerie bourbonnaise J. Chapier, place Achille-Roche,

les établissements Joblot-Miallier, 28 et 30 rue d’Allier (et leurs étrennes réellement utiles),

le Vieux noyer, marchand de meubles à l’angle des rues Gambetta et Paul-Bert (qui suggère l’achat de carpettes, sellettes, tables à ouvrage, glaces),

la librairie  Martial Place, 48 rue d’Allier, livres et albums illustrés, papier à lettres haute fantaisie, boites de peinture, registres et agendas,

le Grand bazar parisien Maulavé-Vaqué, 22 rue d’Allier, jouets et tous articles pour étrennes, toiles cirées, suspensions, dessins et lettres en caoutchouc pour broderie, jeux de cartes aux coins dorés, parapluies, lampisterie, glaces, miroirs, tableaux.

E. Brosset, 56 rue d’Allier, livres d’étrennes, articles de fantaisie, albums pour photographies, albums d’images, registres et agendas, imprimés pour le commerce, cartes de visite, carte murale de l’Allier.

 

Pour conclure ce petit tour de l’horizon commercial, un fait étonnant (unique ?), bien éloigné du choix des étrennes :

À l’occasion du passage au 20e siècle, deux messes de minuit sont célébrées à Moulins, la première, comme il se doit, dans la nuit du 24 au 25 décembre, et la deuxième dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier après accord écrit de monseigneur Dubourg, évêque de Moulins.

 

 

A l’année prochaine que je nous souhaite à tous et toutes plus sereine !

 

Louis Delallier

 

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