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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Du danger des voies ferrées

Publié le 11 Avril 2021 par Louisdelallier

Passage à niveau de la route de Clermont en 2012 (Photo Louis Delallier)

Passage à niveau de la route de Clermont en 2012 (Photo Louis Delallier)

Du temps des transports de passagers et de marchandises par le PO (Compagnie du Paris-Orléans) ou l’Économique vers l’ouest du département, quatre passages à niveau à la Madeleine permettaient de traverser les voies ferrées : route de Clermont (qui existe toujours même s’il ne sert plus), rue des Durantats, route de Limoges (actuelle avenue de la Libération) et rue des Bretins.

Tous ces lieux, bien que familiers, représentaient un danger  comme le rappellent ces quelques faits divers.

Vendredi 5 janvier 1906, il est 23 heures et le train de marchandises provenant de Montluçon est attendu en gare de Moulins à 23h 15. C’est alors qu’une automobile traverse à très vive allure le passage à niveau de la route de Clermont. Les barrières fermées l’ont à peine ralentie et l’une d’elles est retombée sur les rails avec un bout du marchepied et les éclats de lanternes du véhicule. Le garde-barrière* réveillé par le fracas accourt en chemise pour retirer la barrière susceptible de faire dérailler le convoi. Le responsable des dégâts a poursuivi sa route sans état d’âme.

Le lundi 4 mars 1912, vers 9 heures 30, Francine Colin, 33 ans, employée chez Antoine Petit, métayer à Aigrepont, emprunte imprudemment le passage à niveau de la rue des Durantats. Sa voiture à cheval est bousculée par un train de marchandises. La conductrice s’en sort sans dommages et le cheval avec des blessures à la tête. La voiture est inutilisable.

En 1928, dans l’après-midi du mardi 12 juin, au même endroit, le cavalier Journet du 1er dragons n’a pas le temps de passer devant le train économique qui le percute. Le cheval est tué. Journet est transporté à l’hôpital Saint-Joseph pour une fracture à la jambe. Mais son état empire et il meurt le lendemain à l’hôpital militaire de Clermont-Ferrand.

Le dimanche 12 août suivant, un incident d’un autre ordre se produit vers 13h 30. Juste après le passage d’un train pour Montluçon, un feu se déclare dans le talus le long de la voie près du pont des Durantats, sans doute provoqué par la chute d’escarbilles dans l’herbe très sèche. Les flammes se rapprochant un peu trop vite des maisons voisines, des dragons du quartier Villars sont appelés à la rescousse. Ils creusent une tranchée qui stoppe l‘évolution de l’incendie qui sera éteint sans même l’aide de la pompe à incendie venue de la ville. Il aura quand même consumé le bois de chauffage entassé le long du talus.

En mars 1948, une fin d’après-midi dominicale, un camion des transports Mazet d’Yzeure percute la barrière du passage à niveau de la route de Limoges à cause d’une déficience des freins. Seule la barrière a souffert.

A ceci peut être ajoutée l'imprudence avérée commise par Francis Simonin, chauffeur-livreur à la Madeleine, trop sûr de lui un jour de décembre de la même année. En effet, il préfère prendre le raccourci du pont de fer (interdit à toute autre circulation que celle des trains) par l'entrée côté rue des Garceaux. Au bout de quelques dizaines de mètres, un autorail met un arrêt brutal à sa tentative de gagner du temps. Francis s’en tire avec de simples contusions et un PV.

A ceci peut être ajoutée l'imprudence avérée commise par Francis Simonin, chauffeur-livreur à la Madeleine, trop sûr de lui en ce jour de décembre 1948. En effet, il préfère prendre le raccourci du pont de fer (interdit à toute autre circulation que celle des trains) par l'entrée côté rue des Garceaux. Au bout de quelques dizaines de mètres, un autorail met un arrêt brutal à sa tentative de gagner du temps. Francis s’en tire avec de simples contusions et un PV.

Ces exemples ne sont qu’une infime partie des accidents liés au chemin de fer moulinois, les cheminots étant les plus touchés.

 

Louis Delallier

 

*Antoine Laurent est employé du PO. Il vit dans la maisonnette de la barrière avec son épouse Anne et leurs enfants Anna, repasseuse, Alphonse, Henri, Anatole et Marie. Le chef de la gare du tacot est Jacques Aumonier qui y habite avec sa femme Alexandrine, leurs enfants Emmanuel et Marie et avec Jeanne, mère de madame.

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Alexandre cornieux 11/04/2021 20:07

Bonsoir,
Vos chroniques "ferroviaires" sont délicieuses.
C'est un régal de vous lire.
Bien amicalement
AC

Louisdelallier 11/04/2021 20:33

Merci !