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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Nadar et ses liens avec Moulins

Publié le 6 Avril 2013 par Louisdelallier

Gaspard-Félix Tournachon, dit Nadar, est né le 6 avril 1820 à Paris où il meurt le21 mars 1910. Il est à la fois photographe, caricaturiste, aéronaute.

Ses parents sont d’origine lyonnaise. En 1837, à la mort de son père, Nadar commence des études de médecine à Lyon. Mais, il doit subvenir aux besoins de sa mère et de son jeune frère qui sont à sa charge. Il arrête ses études et trouve à s’employer dans différentes rédactions de journaux lyonnais, avant de revenir s'installer à Paris, où il effectue divers travaux pour de petits journaux.

En 1844, Nadar rencontre Baudelaire et Théodore de Banville. Nadar est fasciné par la culture et la personnalité de ses deux amis. A leur contact il achève son roman « La robe de Déjanire » et écrit également un conte « L'indienne bleue".

« La robe de Déjanire » en 3 tomes, édité en 1845, puis réédité en 1862 et 1882, est un roman sentimental qui se passe en partie à Moulins et à Yzeure. Nadar semble être un familier de ces deux villes. Il cite Jacquemart, le cours d’Aquin (cours Jean Jaurès) à Moulins, la propriété du Parc à Yzeure notamment. Il paraît donc probable que c'est Banville qui lui a appris à connaître Moulins et Yzeure.

Voici des extraits de "La robe de Déjanire" où l’on retrouve Moulins et Yzeure (orthographié Yseure) :

p.115
II faut venir à Moulins avec moi ; je ne peux pas te laisser ici. Tu auras près de moi l'aisance et le bien-être, l'indépendance, l'estime de toi-même et l'affection de ton frère.

p.118
Les élections devaient avoir lieu à la fin de l'année. Les vastes propriétés que M. Régis possédait à Moulins, la haute considération dont il était entouré, lui donnaient dans cet arrondissement de grandes chances de succès.

p.120
En arrivant à Moulins, M. Régis fit visiter à Beauplaisir ses terres, ses maisons, ses manufactures.

p 122
Vous voulez donc faire de Moulins un second centre intellectuel ? Nous ne sommes pas des ambitieux, répondit Armand avec gravité. Nous ne voulons rien qui ne soit légitime. Sans doute, dit le banquier, sans doute.

p.123
Ils parlent de concurrence, et ils doivent se dire pourtant que, d’un jour à l'autre, quand cela me sera nécessaire, j'élève à Moulins, en face d'eux, une imprimerie forte trois fois comme la leur. Je les écraserai quand je voudrai : c'est une simple question d'argent, et j'ai les reins plus forts qu'eux.

p.126
Elle fit bientôt une si rude concurrence aux autres imprimeries de Moulins, que, vaincus, plusieurs imprimeurs demandèrent de se joindre à l'association. Ils furent accueillis avec joie par les ouvriers, fiers de leur succès. Un traité fut conclu, et Armand se trouva à la tête de cette vaste entreprise.

p.128
Ses idées, répandues, trouvèrent d'ardentes sympathies auprès de l'opposition libérale de Moulins. Armand crut alors le moment venu d'exposer à ses coassociés son projet d'acquérir avec eux l'usine de M. Régis, qui fournissait leur papier.

p 374
Ce second voyage fut encore plus triste que le premier. Quarante-huit heures de solitude absolue avaient doublé la tristesse de Jeanne en lui rappelant toutes ses douleurs passées. Dès que Jeanne se vit approcher de Moulins, dès que la voiture eut passé les petits villages de Saint-Pierre et de Saint-Imbert et les délicieux peupliers de Villeneuve, dès qu'on aperçut à l'horizon les grands toits d'ardoise du séminaire, le Jacquemart gothique et la vieille Notre-Dame inachevée, Jeanne se sentit prise d'un horrible effroi ; une terreur invincible se glissa, froide, dans ses veines, frémit dans ses cheveux, roidit ses belles mains blanches et rendit ses yeux fixes : une fièvre lente, terrible, venait de s'emparer d'elle et ne devait plus la quitter.

p375

Ils traversèrent en silence le cours de la Préfecture et le cours d'Aquin, dont les grandes allées de tilleuls étaient déjà désertes, et arrivèrent devant l'hôtel où logeait M Régis. Jeanne ne pouvait plus se soutenir; elle marchait à peine.

p378
De plus en plus ruinée, exploitée et bafouée par Beau-plaisir de Simons, madame de Sillerey était venue à Moulins pour tâcher de sauver quelques débris de sa fortune si gravement compromise. Elle avait conservé, près du petit village d'Yseure, quelques propriétés qu'elle espérait encore préserver; avec l'aide des gens de loi et des hommes d'affaires qui la tenaient entre leurs mains. Pour conserver quelques apparences de splendeur, elle s’était logée, à quelque distance de là, dans une de ses terres nommée Le Parc, charmante habitation, célèbre autrefois par un royal rendez-vous de chasse, et dont les tours délabrées, presque sans aucune valeur maintenant, ont encore pour les yeux un aspect seigneurial.

Environ vingt ans après la publication de la première édition de « La robe de Déjanire ", l'atelier Nadar réalisera un portrait de Pierre Simon Louis Marie de Dreux-Brézé, évêque de Moulins de 1850 à 1895.

Louis Delallier

Nadar

Nadar

Banville par Nadar

Banville par Nadar

Commenter cet article

LAURENT Dominique 29/02/2016 09:10

Je ne connaissais pas : c'est très intéressant. Je m'intéresse actuellement au Parc (appelé Beaumanoir du temps d'Anne de Beaujeu)

Louisdelallier 29/02/2016 09:43

il est très satisfaisant de trouver ces informations et de les partager. Le Parc est bien présenté comme un royal rendez-vous de chasse (page 339). Et je me demande toujours pourquoi Nadar a situé une partie de son histoire à Moulins avec autant de précisions. Je n'ai jusque-là pas trouvé d'autre lien que Banville qui ne reste qu'une probabilité.
Merci pour votre commentaire.