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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Napoléon et Eugénie, filleuls moulinois du couple impérial français en 1856

Publié le 18 Novembre 2017 par Louisdelallier in Portraits

Napoléon III, Eugénie et leur fils Louis-Napoléon vers 1865

Napoléon III, Eugénie et leur fils Louis-Napoléon vers 1865

Deux bébés moulinois ont le privilège de devenir filleuls de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie parce qu’ils sont nés le bon jour, c’est-à-dire le 16 mars 1856, respectivement à 3 heures et 3 heures et demie du matin. Ce jour-là, un autre enfant voit le jour. Il s’agit du prince impérial, Louis-Napoléon.

C’est donc pour fêter cet évènement très heureux que le parrainage est décidé. On estime à 3 785 le nombre d’enfants nés le 16 mars (dont arrangement pour certains nés le 17) ayant reçu, au mois d’août suivant, le diplôme de Sa Majesté l’Empereur signé par le ministre d’Etat.

A chaque date anniversaire de la naissance du Prince Impérial, on procède à la répartition du crédit destiné à assister les parents de ces enfants. On ne sait pas si tous les filleuls, qui appartiennent presque tous à des familles nécessiteuses, ont bien perçu cette aide.

Louis-Napoléon meurt le 1er juin 1879, tué par les Zoulous, alors qu’il combattait sous l’uniforme britannique en Afrique du sud pour servir le pays qui avait accueilli sa famille après la défaite de Sedan. L’impératrice, veuve depuis janvier 1873, installée à Farnborough en Angleterre, continue à recevoir des demandes de secours. Tous les filleuls ont fait l’objet d’une fiche car l’empereur souhaitait suivre leur carrière, les aider si nécessaire dans des moments difficiles. Mais les circonstances politiques et militaires auxquelles il a lui-même contribué ont fait passer ce projet social aux oubliettes.

Nos petits Moulinois ont dû recevoir, comme les autres, une timbale* ou une tasse* en argent, chiffrées aux initiales impériales « N.E » : « Napoléon III et Eugénie » en plus du document attestant de leur qualité de filleul.

Ces filleuls sont :

Eugénie, fille de Vincent Bonin, maçon, et d’Élisabeth Chazot dit Brutus, domiciliés rue neuve des Potiers. Ce sont les seuls éléments la concernant dont je dispose.

Napoléon, fils de Toussaint Brossard, charbonnier, et de Françoise Adèle Bouillon, domiciliés rue du Vert-Galant.

Napoléon, devenu mécanicien au chemin de fer (route de Lyon à Moulins), épouse Antoinette Barré, (rue du faubourg de Bourgogne) couturière, le 21 juin 1879 à Moulins. Ils ont au moins deux filles : Adèle née le 31 mars 1880 (Napoléon est ajusteur - la famille vit au 38 faubourg de Bourgogne) et Louise née le 5 août 1886 (Napoléon est chauffeur au chemin de fer - la famille vit rue de la Paix).

Il accomplit son service dans l’armée au 98ème régiment d’infanterie (il est déclaré insoumis le 6 août 1889). Il m’a été impossible de retrouver sa trace à part une formule inquiétante figurant sur l’acte de mariage de sa fille Adèle, le 27 décembre 1900 à Paris. Napoléon est signalé comme disparu par un acte de notoriété du 11 septembre 1900 par le juge de paix de Moulins. Sa femme, bibliothécaire, et sa fille, buraliste, sont installées à Paris dans le 12ème arrondissement, 96 rue de Charenton.

 

* Tasse du maître orfèvre François Diosne (1842-1859)

* Timbale de l’orfèvre Eusèbe Cellot

 

Louis Delallier

Commenter cet article

Antoine 17/03/2018 20:00

Bonjour, Sur les filleuls de Napoléon III vous pouvez également voir cet article : https://an-genealogiste.blogspot.fr/2018/03/parrainages-imperiaux.html

Delallier 18/03/2018 08:47

Bonjour,
merci pour le lien vers votre article que je recommande aux lecteurs qui s'intéressent à ce sujet.

Alexandre Cornieux 18/11/2017 16:02

Bravo et merci pour ce remarquable article! Retrouver un des certificats de parrainage serait le Graal ! J'avais écrit un article sur le Dr Gouraincourt de Franchesse qui fût élève de Paul Dubois , obstétricien et médecin accoucheur personnel de l'Impératrice Eugénie.Le monde est vraiment petit...

L. Delallier 19/11/2017 09:16

Effectivement, de Franchesse à Paris, il n'y avait déjà qu'un pas.
J'ai quand même trouvé le diplôme de Colombe Ucciani, mais je ne l'ai pas ajouté à mon article pour cause de droits de reproduction. Il est facilement repérable en ligne. Vous pouvez également y voir une tasse et une timbale qui ont été mises en vente il y a quelques années. Mais les documents et les objets de nos deux Moulinois sont très probablement irrémédiablement perdus. Par ailleurs, si vous avez des informations sur les insoumis à la fin du XIXe siècle, elles m'intéresseraient.
Bien cordialement.