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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Le pont de fer, patrimoine moulinois en cours de réhabilitation

Publié le 17 Juin 2019 par Louisdelallier

Le pont de fer, patrimoine moulinois en cours de réhabilitation
Le pont de fer, patrimoine moulinois en cours de réhabilitation

Plus de 160 ans après sa construction, le pont de fer s’achemine vers une transformation en voie piétonne et cycliste agrémentée d’une vue large et agréable sur la ville. Nos prédécesseurs moulinois qui empruntaient le « pont noir », en guise de raccourci entre le centre ville et la Madeleine, malgré le passage des trains et les interdictions répétées des autorités locales, n’auraient pas imaginé une telle évolution.

 

Le chemin de fer est arrivé à Moulins en 1853. Il lui faut alors absolument franchir l’Allier pour desservir l’ouest du département.

 

Après un premier projet de pont-viaduc sur l’Allier, rejeté par les Ponts et Chaussées en 1856, la compagnie de chemin fer du PO (Paris-Orléans), concessionnaire de la ligne Moulins-Montluçon, soumet l’idée d’un pont métallique qui est acceptée. Les ingénieurs Basile Parent et Pierre Schaken, ses concepteurs, ont tenu compte de principes liés au contexte fluvial mis en évidence par Louis de Régemortes lors de la construction de son pont de pierre tout proche. Le pont de fer moulinois est l’œuvre de l’entreprise Jean-François Cail de Paris* qui l’édifie de 1857 à 1858. Long de 316,5 m (337,50 mètres avec l’épaisseur des piles et des culées), il enjambe l’Allier à la hauteur de la rue de la Font-Vinée.

Il est constitué de huit paires de piles tubulaires en fonte, de deux mètres de diamètre, reliées par des entretoises disposées en croix de Saint-André. Son innovation réside dans son « ingénieux et expéditif » système de fonçage par air comprimé utilisé pour la première fois en France. Pour reposer sur la couche solide de marne, les tubes qui forment chaque pile par emboitage sont « foncés » à l’aide d’air comprimé injecté dans le tube qui se soulève. L’évacuation de l’air fait redescendre le lourd tube avec un effet de pilonnage. Les piles sont ensuite remplies de béton avant de recevoir deux poutres massives.

 

Le pont du chemin de fer  est inauguré le 7 novembre 1859 en même temps que la ligne Moulins-Montluçon. La Compagnie d’Orléans décide de ne rien dépenser à cette occasion pour verser la somme économisée aux indigents des communes traversées par la voie ferrée.

 

A l’origine, deux lignes ferroviaires empruntent le pont de fer : Moulins-Commentry-Montluçon et Moulins-Cosne-d’Allier. Cette deuxième ligne est une voie départementale métrique du réseau secondaire, autrement dite « du tacot », dont les rails sont posés entre ceux de la voie principale. Elle est fermée depuis 1951.  A partir de 1969, le trafic voyageurs entre Montluçon et Moulins se fait par cars. Puis, c’est au tour des voyageurs pour Commentry de prendre la route à partir de la mi-octobre 1972. Les marchandises sont encore acheminées par rail. Lorsque la mine de Buxières arrête son activité, on ne conserve qu’un trajet ferroviaire entre Souvigny et Moulins pour le transport des pierres de la carrière de Meillet, ceci jusqu’en 2014 (malgré des travaux de réfection des rails cette même année). Depuis cette date, plus aucun train, plus de klaxon strident. La ligne est définitivement rayée de la carte ferroviaire.

 

 

Louis Delallier

 

 

*Jean-François Cail (1804-1871) est entrepreneur et constructeur mécanicien. La maison Cail est installée à Chaillot dans le 16e arrondissement de Paris. Elle construit des locomotives à partir de 1844 dont les locomotives de vitesse Crampton (conçues par l’ingénieur anglais Thomas Russell Crampton) roulant à 120 km/h, dès 1862, plus tard surnommées les TGV du XIXe siècle. Elle travaille aussi dans la construction métallique. On lui doit le viaduc des Fades au-dessus de la Sioule dans le Puy-de-Dôme et les viaducs du Belon et de la Bouble. Le nom de Jean-François Cail est inscrit sur la tour Eiffel.

Photos Louis Delallier
Photos Louis Delallier

Photos Louis Delallier

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Gérard JOYON 23/12/2020 20:58

En effet il y a bien eu erreur de (notre) ma part.
Les 2 photos se ressemblent .Par recherche d'images , nous nous sommes "égarés".
Je suis tombé dans l'erreur.
Je présente mes excuses au propriétaire de ce site.
La photo est bien de Monsieur Delallier.
Son site , où l'an dernier j'avais mis un petit mot concernant la rue du Pont Ginguet et l'intérêt que je portais à ce blog.

La mienne se trouve sur WIKIpedia vue des ponts,prise à peu près du même endroit en mai 2011 . .


Gérard JOYON

Gérard 16/10/2019 20:44

Très intéressant.
Gérard né rue du Pont GINGUET angle rue l'Eperon 1946

Delallier 23/12/2020 19:00

suite de ma réponse à Gérard Joyon. J'ai retrouvé votre photo du pont de fer sur internet. Si vous aviez pris la peine de les comparer, vous auriez constaté les différences, notamment le nombre d'arches du pont Régemortes visibles et les bâtiments de droite qui ne peuvent en aucun cas provenir d'une modification de votre photo.

Delallier 23/12/2020 18:07

j'ai pris cette photo le 5 septembre 2010 avec une série d'autres au même endroit. Votre réaction,sans vérification préalable, est violente et intempestive. Toutes les photos dont je m'attribue la paternité publiées dans mon blog sont bien de moi. Sachez-le.

Gérard JOYON 23/12/2020 11:18

Ne pas citer la Paternité d'une photo constitue un délit puni par la loi Code propriété intellectuelle
Vous demande faire appliquer cette obligation afin éviter poursuite auteur et ayants droits.Photo concernée Pont de fer
vue prise du haut du pont .Visée vers le nord , au fond on voit le pont Régemortes.
De surcroît mettre son nom à la place de celui de l'auteur viole le droit moral et le droit patrimonial.
Ces délits ont été constatés légalement.
Je demande à ce que le contrevenant prenne contact pour arrêter procédure .