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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

L’affaire des bicyclettes

Publié le 26 Juillet 2026 par Louisdelallier in Cyclisme

L’affaire des bicyclettes

Début septembre 1923, c’est le branle-le-bas de combat au Café moulinois, à l’angle du boulevard de Courtais et de la rue de Refembre (actuelle rue du Lieutenant-Burlaud). Depuis quelques jours, madame Chopin, débitante épicière, est dépositaire de deux bicyclettes qu’un jeune homme lui a demandé de garder un moment. Le temps passant, elle finit par se demander s’il ne s’agit pas du produit d’un vol et décide d’informer la police. Celle-ci se déplace pour saisir les deux engins et ouvre aussitôt une enquête.

Une annonce est publiée dans le Courrier de l’Allier et le Progrès de l’Allier. L’abondance de détails ne peut que susciter la réaction des propriétaires. Ces précisions permettront aux amateurs de se représenter des cycles et leurs accessoires appartenant à monsieur et madame Tout-le-monde, il y a plus d’un siècle.

Bicyclette d’homme sans marque, cadre émaillé noir, jantes en fer, pneu arrière Michelin et pneu avant Bergougnan, frein sur jante arrière, selle à l’état de neuf marque Bauriat, guidon réversible sans poignées, la potence et le guidon peints en marron, timbre sur le côté gauche du guidon, la machine porte deux étiquettes, l’une de la Compagnie d’Orléans « gare expéditrice La Baule-Escoublac à Moulins par Saincaize du 31//8/3, partie de quatre colis », et l’autre avec l’adresse « Vincent, gare Moulins ».

Bicyclette de dame, marque Excelsior, cadre émaillé noir, jantes bois filets rouges, pneu arrière Michelin, pneu avant Hutchinson, garde-boue sur roue arrière avec filet rouge, carter en celluloïd, pédale caoutchoutée en mauvais état, frein sur jante arrière, selle rembourrée montée sur plaque fer marque The Christy, guidon relevé, une poignée en corne, porte-bagages à l’avant du guidon, sacoche cuir contenant des clefs et un tournevis ; bon état. Cette machine porte deux étiquettes identiques à celles de l’autre

Au bout du compte, l’affaire n’en sera pas une. Le 12 septembre, Antoinette Chopin et les policiers découvrent le fin mot de l’histoire d’une grande banalité. Il s’agit juste d’une négligence de la part de Louis, 17 ans, fils d’Angélina (institutrice) et Pierre Vincent de Neuvy. Madame Anne Thévenin, institutrice retraitée, partie en villégiature à La Baule avec ses parents et lui, lui avait demandé de convoyer par le train jusqu’à Moulins les deux vélos lui appartenant et de les lui remettre à son retour le 15 septembre. Louis, distrait, trop occupé peut-être, n’a pas pris le temps de revenir au débit du boulevard de Courtais. Il s’est rendu au commissariat dès la lecture du journal pour éviter d’avoir à rendre des comptes.

 

Louis Delallier

 

* Ce café était encore en activité avec la même enseigne il y a peu.

Photo Louis Delallier

Photo Louis Delallier

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