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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Marius Marnas, photographe à Moulins au début du XXe siècle

Publié le 3 Mars 2018 par Louisdelallier in Portraits, Commerce

Marius Marnas, photographe à Moulins au début du XXe siècle

Sur une carte postale ancienne montrant la maison à l’angle de la rue Philippe-Thomas et de l’avenue Général Leclerc, on voit plusieurs enseignes commerciales dont celle de Marius Marnas, photographe installé au 1er étage. Né à Saint-Étienne le 23 septembre 1875, c’est là qu’il commence à exercer sa profession, passage Sainte-Catherine. L’influence de son oncle, qui portait les mêmes nom et prénom, également photographe* dans cette ville ne fait aucun doute.

Il se marie dans sa ville natale en mai 1900 avec Rosalie Bouvard, professeur de piano. Cinq mois plus tard, les jeunes mariés sont installés à Moulins au 26 place de la République, juste en face de la gare. Marius a repris le commerce de Marius Fafournoux. Une publicité paraît dans la presse présentant sa boutique comme étant de premier ordre. Auteur d’un grand nombre de prises de vue de Moulins et d’autres localités de l’Allier ainsi que de portraits, il affirme en avril 1903 être à la tête de la plus importante maison de la région dont la supériorité des travaux peut être jugée grâce à ses expositions permanentes.  Il utilise des techniques à base de platine et de charbon, reconnues comme inaltérables et artistiques. Chez lui, on peut commander des cartes de visite, des albums de photographies, et les amateurs peuvent disposer gratuitement d’un laboratoire.

En 1906, le couple Marnas (et ses deux filles Suzanne, née en 1903, et Aline, née en 1904) vit toujours à Moulins, rue Regnaudin, d’où il déménage la même année pour la rue de Sèvres à Paris dans le 15e à la suite de sa nomination comme photographe des musées et palais nationaux. Son matériel professionnel est mis en vente le 2 mai 1907 dans le cadre d’une liquidation judiciaire : matériel de phototypie, lithographie, photographie, typographie. En 1908, la famille (sans Aline décédée en mai 1906 à Paris) habite rue Carpeaux dans le 18e, puis en 1910 à Versailles, boulevard Duplessis. En 1913, elle a regagné le 15e arrondissement de Paris, rue de la Convention et rue Gerbert. Le magasin-studio de Moulins a été repris par Émile Moulin.

La guerre va signifier la mobilisation pour Marius Marnas et ce dès le 7 août 1914. Affecté au service de la photographie aérienne en décembre 1915, il prend une part active au combat contre l’Allemagne jusqu’au 13 septembre 1917 avant de servir au Maroc du 14 septembre 1917 au 28 janvier 1919. Ses supérieurs écrivent de lui le 1er juillet 1918 :

« Observateur d’élite ayant pris la plus grande part aux reconnaissances photo aériennes délicates exécutées en vue de l’établissement de la carte du Haut-Atlas dans la région du haut Oum er Rebia a fourni des renseignements des plus précieux au commandement en faisant le relevé photographique de la région insoumise et inconnue El Hammad où le groupe Meknès devait opérer. »

Ses états de service lui valent une promotion au grade de sous-lieutenant le 24 mars 1918 et la Croix de guerre avec palme. En juin 1921, il est promu lieutenant et, en novembre 1924, reçoit la Légion d’honneur. Il est démobilisé le 29 janvier 1919. En 1920, il s’installe à La Motte-d’Aigues dans le Vaucluse où ses laboratoires photographiques pour les photographes professionnels portraitistes et industriels sont encore actifs en décembre 1943. Le Provençal de Paris annonce le mariage de sa fille Suzanne en février 1924 en précisant qu’elle est la fille de Roza Marnas, pianiste renommée, et de Marius Marnas, officier de réserve de l’aviation. Marius meurt le 12 août 1944 exécuté par la Résistance à Saint-Martin-de-La-Brasque pour collaboration. On l’accuse précisément d’avoir fait de la musique avec un officier allemand (source Généanet). La musique faisait partie de sa vie comme la photographie. Sa fiche militaire le mentionne comme brigadier-trompette. Et lorsqu’il était moulinois, il a apporté son concours de violoncelliste à différents concerts publics où sa femme se produisait en sa qualité de pianiste.

 

Louis Delallier

 

* Un entrefilet, paru dans Le Stéphanois du 11 mai 1890, fait part du recrutement par la maison de photographie Raphaël Royer, rue de la République à Saint-Étienne, de Marius Marnas, l’oncke, en qualité de directeur-gérant. Il est récompensé d’une médaille de bronze dans la catégorie « Epreuves et appareils de photographie » à l’exposition universelle de Paris en 1889. Il fait alors partie de la maison Chéri-Rousseau de Saint-Étienne. Plusieurs cartes promotionnelles le montrent associé tour à tour avec A. Dufour et Lallier. En septembre 1907, nommé au grade d’officier d’académie, il est présenté comme un artiste photographe très apprécié de ses concitoyens.

Saint-Étienne semble être une ville attractive pour les photographes professionnels, car pas moins de quinze sont recensés dans l’annuaire administratif et commercial de 1900 : Allemand, Arnaud, Bacon, Belloti, Auguste Berthon, Chéri-Rousseau, Crozet et Roule, Kraft, Marnas, Offray, Prost, Rebeaud, Robert et Paul Verron.

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A
Bel hommage au photographe Marnas , qui par ses travaux laisse un patrimoine photographique précieux de la capitale Bourbonnaise,<br /> merci..
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L
Ses travaux, comme ceux de ses confrères, sont une aide précieuse pour nos recherches respectives sur la vie bourbonnaise dans nos localités de prédilection.Mais je n'ai pas trouvé de cartes postales de Franchesse dont il est l'auteur. <br /> <br /> Cordialement,<br /> LdL