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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Lazare Modérat, moulinois médaillé de Sainte-Hélène

Publié le 29 Août 2020 par Louisdelallier in Portraits

Médaille de Sainte Hélène - source Wikipédia

Médaille de Sainte Hélène - source Wikipédia

Ils sont 172 à recevoir la médaille de Sainte-Hélène*, ce dimanche 28 février 1858 à Moulins. Le préfet de l’Allier, Simon Genteur, a tenu à remettre lui-même cette distinction-hommage. Il réunit, place du chemin de fer à 13 heures, les anciens militaires de la ville et des deux cantons de Moulins qui ont combattu dans les guerres de 1792 à 1815, Les spectateurs peuvent entrer dans l’enceinte à partir de 12h 30. Des places sont réservées aux récipiendaires.

Les autorités civiles et militaires partent en cortège de la préfecture une demi-heure avant pour donner toute la solennité possible à l’évènement. La foule, qui ne s’y trompe pas, est considérable. Quand les fanfares des lanciers se sont tues, le préfet se lance dans une allocution retraçant les grandes heures de l’épopée napoléonienne. Plusieurs « Vive l‘Empereur » sont criés par l’assistance. Puis, c’est l’égrenage des noms par ordre alphabétique et le déplacement à chaque fois d’un vieil homme, héros ému. Parmi eux, Gilbert Delinière, Gilbert Toussaint Tixier, Annet Saint-Aubin, Jean Mazoire, Gabriel Blondeau ou encore Charles Jardillier.

 

Au moment de décorer Lazare Modérat**, chirurgien des armées impériales au 18e dragons, le préfet prononce la phrase suivante « Voici 100 francs que l’empereur m’a chargé de vous remettre » à laquelle aucune explication n’a été apportée.

Enfin, au nom de ses compagnons d’armes, monsieur Gombaud de Séréville, l’un des décorés, remercie le préfet pour cet hommage collectif.

Sur les 538 médailles reçues en préfecture, une partie est remise dans chaque canton le jour du tirage au sort de la classe 1857. A Montluçon, la cérémonie se déroule le 26 février dans une des salles principales du château et à Montmarault le jeudi 4 mars avec une solennité égale.

Cette médaille n’est jamais décernée à titre posthume. Mais malgré les 43 ans écoulés depuis la fin du règne de Napoléon 1er, elle a quand même concerné pas moins de 405 000 soldats de la Grande Armée qu’ils soient Français, Belges, Polonais, Danois, Irlandais, etc.

Louis Delallier

*Tout nouvellement créée par Napoléon III (décret du 12 août 1857), cette médaille honore les militaires survivants qui ont combattu sous les drapeaux de la France dans les grandes guerres de 1792 à 1815. Son auteur est le sculpteur Désiré-Albert Barre. À l'avers se trouve le profil de l'empereur Napoléon 1er et au revers : « À ses compagnons de gloire, sa dernière pensée, Ste Hélène 5 mai 1821 ». Elle est placée dans une boîte de carton dont le couvercle, recouvert d'un papier blanc glacé, porte en relief l'Aigle impériale et l'inscription « Aux compagnons de gloire de Napoléon 1er ». La patine de son bronze la fait surnommer « la médaille en chocolat » (Alfred Delvau, dictionnaire de la langue verte, 1867).

** Né le 19 décembre 1787 à Moulins où il est mort rue Saint-Dominique (rue du Pont-Ginguet entre la rue Mathieu-de-Dombasle et la rue de la Fraternité) le 20 mars 1865, Lazare Modérat a eu trois enfants de sa deuxième épouse, Jeanne Barré : Elisabeth en 1849, Marie-Hortense en 1851 et, enfin (il avait alors 70 ans) un fils en avril 1854 auquel il a donné les prénoms de Dominique et surtout de Louis Napoléon. Il était veuf de Marie Mérier (ou Mérié) épousée le 16 mars 1816.

 

 

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