Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Le Jacquemart de l’hôpital

Publié le 21 Septembre 2025 par Louisdelallier in Portraits

Le Jacquemart de l’hôpital

Moulins, 31 août 1925, Abel Boursat vient d’avoir 77 ans. Il a choisi de les fêter au café avec des amis. Sa médaille d’ancien combattant de 1870/71 fièrement arborée sur son gilet attire l’attention du journaliste du Progrès de l’Allier présent dans l’établissement. Abel confirme avoir participé au tragique affrontement de Reichshoffen* le 6 août 1870. Cinquante-cinq ans après, ses souvenirs sont intacts. Ils le seraient à moins. Le 8e régiment de cuirassiers, commandé par le colonel Guiot de La Rochère, dont il fait partie à ce moment-là, campe dans les environs quand « l’ordre terrible qui devait nous anéantir est donné. »  Les chevaux s’enfoncent dans les champs de houblon. Les soldats se heurtent à mille difficultés pour avancer. Ils tombent les uns après les autres. La charge ne fera que retarder les troupes allemandes. Les escadrons décimés sont ensuite dirigés vers le Champ de Mars où ils sont reformés, puis affectés à la défense de Paris. Abel demeure durant tout le siège de la capitale dans l’escorte du général Trochu (alors gouverneur de Paris).

Le père Boursat n’est pas qu’un ancien combattant réchappé de l’enfer. Il est aussi employé à l’hôpital Saint-Joseph comme infirmier (les recensements de 1921 et 1926 l’attestent) bien qu’ayant commencé ses activités professionnelles par la plâtrerie-peinture… Il y a acquis le surnom de Jacquemart de l’hôpital car, avec une régularité horlogère, il sonne la cloche pour la visite, la soupe, le coucher, la messe, etc. Il mènera cette tranquille activité encore plusieurs années.

D’un hôpital à l’autre, il meurt à celui de la rue de Paris le 10 janvier 1934 où il faisait partie des hospitalisés domiciliés à Moulins depuis au moins 1931. Père de quatre filles et de deux fils dont quatre décédés très jeunes, il avait perdu sa femme, Marie Richaud en juin 1899.

Chose curieuse, un deuxième combattant de Reichshoffen, Claude Boullignat, né à Louchy-Montfand le 26 mai 1847, employé d’octroi à Moulins, est déclaré infirmier dans son acte de décès du 26 mars 1921. Le recensement de la même année indique bien qu’il vit à l’hôpital de la rue de Paris, mais en qualité d’hospitalisé ayant son domicile à Moulins. Le mot infirmier semble être à définition variable car les deux hommes n’ont vraisemblablement pas été formés de manière académique.

 

Louis Delallier

*La guerre contre la Prusse ne fait que commencer. Au cours de la bataille de Reichshoffen (ou bataille de Froeschwiller-Woerth), l’artillerie ennemie extermine le 8e cuirassiers sous un déluge d’obus, de biscayens explosifs avant de tirer à bout portant sur le 9e pris au piège dans le village de Morsbronn (Bas-Rhin). Huit cents des mille cent hommes sont tués.

 

Commenter cet article
N
merci beaucoup- Une fois de plus vos articles sont un régal à lire.
Répondre
D
Merci !
C
Par curiosité cette hôpital a t’il pas était la bourse du travail à côté de la salle des fêtes de moulins ,?
Répondre
D
Effectivement, une partie des bureaux a été aménagée dans l'ancien hôpital. Vous pouvez lire l'article que j'ai écrit sur l’inauguration de la bourse du travail (septembre 1946)...