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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Mauvaise surprise pour trois moulinoises

Publié le 4 Janvier 2026 par Louisdelallier in Faits divers

Plan de Moulins Annuaire de l'Allier de 1933

Plan de Moulins Annuaire de l'Allier de 1933

Samedi 26 décembre 1925, Gilbert T. vient d’être appréhendé pour vol par la police moulinoise. Ce simple fait divers va très rapidement faire l’effet d’une douche froide pour trois moulinoises lorsque l’enquête menée sur les moyens d’existence de ce verrier de profession révèle qu’il vit d’escroqueries au mariage.

Son aplomb et sa belle moustache lui valent quelques succès et il n’hésite pas à tenter sa chance dans un secteur restreint de Moulins : rue de Refembre, rue de l’Oiseau et rue de Lyon.

Un beau jour de septembre, Gilbert frappe à la porte de Mme M., veuve de guerre*, mère d’un garçon de 17 ans et employée aux Nouvelles galeries. Pour entrer en contact, il use d’un stratagème cynique en se présentant comme un camarade de combat de son mari. Il déclare se nommer René Perrin et être mécanicien au chemin de fer. Ses belles paroles finissent par avoir raison de la méfiance de la mère de famille, seule depuis trop longtemps. Il s’installe chez elle et ne tarde pas à lui promettre de l’épouser tout en la convaincant de retirer son épargne et celle de son fils, soit 2 600 francs (environ 2 600 euros). Il lui donne l’assurance que sa propre mère, habitant Diou, léguera tous ses biens au jeune homme que lui-même adoptera et aidera à trouver une belle situation. Cet argent qui, bien devait servir aux préparatifs du mariage, il le dépense en vêtements et autres petits plaisirs à son bénéfice.

Concomitamment, Mlle Madeleine A., rue de l’Oiseau, domestique chez le camionneur Topenot, rencontrée chez la première victime qui s’ignorait, débourse 1 000 francs pour ses futures noces car « René » ne possède que des bons du Trésor, difficiles à monnayer sans perte d’argent. Généreusement, il lui offre une bague de fiançailles et lui prête même une centaine de francs.

La troisième femme trahie est Mlle C., rue de Lyon. Elle tient à rencontrer la-famille de son prétendant avant de s’engager plus. Celui-ci va alors jusqu’à l’emmener par le train à Diou où vit sa mère. Mais cette dernière ayant déménagé à Dompierre sans qu’il n’en soit averti, les présentations sont remises. Au retour, il subtilise 1 400 francs dans le sac de sa compagne dont il vient facilement à bout des protestations grâce à son entregent et à ses mensonges.

Ce personnage sans scrupules est jugé à Moulins au début du mois de février 1926 pour deux escroqueries. En effet, Mlle A. n’a pas souhaité porter plainte, sans doute encore sous le charme. L’homme est originaire de Saint-Léger-des-Vignes dans la Nièvre. Il nie les faits et affirme que c’est lui qui entretenait ces dames, lesquelles piquées au vif s’emportent. Il s’en faut de peu qu’il ne reçoive une gifle. Mlle C. le traite publiquement de filou. Le ministère public se montre inflexible sur les actes commis comprenant de plus le détournement des économies d’un jeune homme pupille de la Nation.

Camille Planche, l’avocat de Gilbert, récidiviste déjà condamné entre autres à quatre ans de prison et dix ans d’interdiction de séjour pour vol et usurpation de l’identité de son frère, considère qu’il y a eu faute des trois fiancées. Il plaide pour une condamnation réduite. La sanction tombe, sévère : deux ans de prison, cinq ans d’interdiction de séjour et cinquante francs d’amende.

Gilbert aurait mieux fait d’en rester là. En effet, fin mars, il se voit infliger une peine double par la cour d’appel de Riom qu’il avait sollicitée.

 

Louis Delallier

*Ses deux frères, Louis et Auguste, sont aussi morts à la guerre en 1914 et 1918. Elle se remariera en 1938 avec un collègue de travail.

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