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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

La noce tombe à l'eau

Publié le 1 Février 2026 par Louisdelallier in Faits divers

IGN Remonter le temps (1949)

IGN Remonter le temps (1949)

A une soixantaine de kilomètres à l’ouest de Moulins, Ainay-le-Château célèbre deux noces : Pierre Nadot, 21 ans, journalier, et Marie Peruchon, 17 ans, couturière, tous les deux d’Ainay, le lundi 8 avril 1861, et Jacques Tillier, 23 ans, journalier à Charenton-du-Cher, et Madelaine Chassin, 17 ans, sans profession, demeurant à Ainay, le 9.

Le maire par intérim, Frédéric Buffault, notaire de son état, reçoit les jeunes couples, leurs familles et amis tout endimanchés qui, ensuite, se rendent à l’église du village. Selon la tradition, les participants reçoivent des rubans de deux couleurs, en croix, qu’ils accrochent à leurs vêtements après avoir déposé leur obole pour l’achat d’un cadeau aux mariés. Les époux seront-ils allés porter le pain bénit chez le maire et dans les maisons familières ? le repas aura-t-il eu lieu à l’auberge du village* ? Le Mémorial de l’Allier ne le précise pas, pas plus qu’il ne donne l’identité des personnes concernées, mais qui ne peuvent être que l’un des deux mariages précités. Il se limite à relater un évènement qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

Entièrement à sa fête, l’une des noces décide de se promener près du moulin de Chantriot (Chantériaux) au bord de la Sologne à quelque distance du bourg. Une invitées qui y habite fait entrer le groupe pour qu’il prenne un peu de repos. Elle en profite pour se changer. Tout ce joyeux petit monde ressort peu après et se rassemble sur le pont de bois à proximité des vannes du moulin. Poids, agitation et vétusté ont tôt fait de provoquer la rupture de la poutre centrale et une chute générale dans la rivière. Le musicien, en bout de colonne, y échappe. Les cris stridents des accidentés alertent les meuniers, Blaise et Charles Renon, leurs femmes Marie et Madeleine Picot, et leurs enfants qui se mettent en quatre pour les tirer de ce très mauvaus pas. Le jeune marié, sorti dans les premiers par ses propres moyens, voyant flotter la couronne de sa toute nouvelle épouse, retourne dans l’eau où il se fatigue tant à la chercher qu’il s’évanouit. Les meunières parviennnent à lui faire reprendre ses esprits. Quand tous sont enfin sains et saufs (les jeunes mariés ont été les plus touchés), un grand feu est allumé dans la cheminée du moulin pour accélérer le séchage. Et c’est à ce moment qu’intervient une nouvelle péripétie : le feu prend dans le conduit. Il est heureusement bien vite maîtrisé. Il ne reste plus alors qu’à rentrer chez soi en égrenant les pertes matérielles, chapeau, tablier, robe, montre, porte-monnaie, et en s’estimant bien chanceux néanmoins.

 

Louis Delallier

 

*Voir Le Folklore bourbonnais de Camille Gagnon pour de plus amples descriptions des coutumes dans le domaine nuptial.

 

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