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Le grenier de mon Moulins

Histoire de Moulins (Allier) et anecdotes anciennes

Pâques un 5 avril

Publié le 5 Avril 2026 par Louisdelallier in Fêtes

Pâques un 5 avril

Au XIXe siècle, après 1801 et 1863, le dimanche de Pâques tombe un 5 avril en 1874, comme cette année 2026. Le Mémorial de l’Allier note la solennité, la brillance de la fête dans toutes les paroisses de Moulins et un grand empressement à l’heure des messes dans les églises qui regorgent de monde. Une grand-messe est annoncée le lendemain à 9 heures pour les bienfaiteurs vivants et morts de l’église du Sacré-Cœur. L’abbé Golliard vicaire de la cathédrale se charge du sermon et de la quête toujours destinée à l’achèvement de l’édifice*.

Le Mémorial se fait également l’écho d’un rapport traité en conseil municipal sur le clocher de l’église Saint-Pierre dont la conclusion est la suivante :

« Le beffroi une fois consolidé, la tour ne menacerait plus de s’écrouler et les réparations à y faire seraient nécessaires, mais non indispensables. »

L’auteur de l’article du journal ayant jugé utile de s’informer du distinguo entre nécessaire et indispensable dans le dictionnaire de l’Académie, il ajoute cet éclairage parlant… :

Nécessaire, adjectif des deux genres : dont on ne peut se passer.

Indispensable, adjectif des deux genres : dont on ne peut se dispenser.

D’où son souci d’apprendre la nuance au sonneur de l’église Saint-Pierre qui a vu tomber à ses pieds une « pierre énorme détachée de la voûte » …

Au XXe siècle, seule l’année 1931 fête Pâques un 5 avril. Des fidèles nombreux respectent la tradition catholique en cheminant d’église en église pour stationner et prier devant les reposoirs étincelants et en assistant aux offices de la semaine sainte jusqu’au point d’orgue dominical de la célébration de la Résurrection accompagnée de son joyeux carillonnement. Parallèlement, les vitrines des pâtissiers, chocolatiers se remplissent de cloches, lapins et poules en chocolat tous plus mécréants les uns que les autres.

Dans la Croix de l’Allier, un journaliste s’émeut de ce qu’il découvre dans un manuel scolaire de géographie de l’école publique (qu’il qualifie d’officielle). Les fleuves sont bien à la même place, la France s’est arrondie à l’est et le port de Cette est devenu Sète. Mais surtout, on laïcise la géographie comme on l’a fait pour la grammaire et les fables de La Fontaine. Si Rome est toujours la capitale de l’Italie, le pape, lui, n’est pas cité. Plus de croix sur les cartes pour indiquer les évêchés, ni dans le texte. Il s’insurge qu’on apprenne aux petits Français que Cavaillon est la capitale du melon et Marennes celle de l’huître sans leur dire que Reims doit sa gloire à des évêques. Écoles, mairie, pompes à eau et lavoirs sont en bonne place sur les plans. Les églises sont oubliées en raison de la laïcité qui devient une manie, voire une monomanie qu’il serait bon de signaler aux médecins aliénistes. Qu’on se le dise !

 

Louis Delallier

*construite entre 1850 et 1869, l’église est la première en France dédiée au Sacré-Cœur de Jésus. L’abbé Martinet en est l’initiateur. Louis Esmonnot, architecte départemental, présente un projet de style roman qui se verra supplanté par celui néo-gothique de Jean-Baptiste-Antoine Lassus à qui l’on doit, entre autres, la restauration de la Sainte-Chapelle à Paris.

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